Invité par l' association amazighe Azul de Kabylie, accueilli aussi chaleureusement par l'association Tafsut et les très nombreux berbères venus de Boston aux Etat Unis, d'Ottawa, de Chicoutimi, Oulahlou a laissé un souvenir mémorable de son passage au Québec. Bien que son spectacle du 24 novembre n'ait pas bénéficié d'une promotion à la hauteur de l'événement, avec la mauvaise volonté manifeste de certaines associations, de plusieurs affiches arrachées, la qualité était au rendez-vous. Beaucoup découvraient pour la première fois le militant qui pourrait revenir sur les terres acadiennes en avril 2008. Madjid Benbelkacem présenta à l'ouverture du spectacle une biographie de l’artiste très instructive. Kabyle.com Québec, par Tassadit Ould Hamouda recueillit ce jour-là les impressions d'Oulahlou.
T. Ould-Hamouda : Azul Oulahlou, Bienvenue à Kabyle.com
Oulahlou : Tanemirt, Bienvenue chez Oulahlou (rires...)
T. Ould-Hamouda : Avez-vous aimé le spectacle d’hier ?
A. Oulahlou : Ça se voit, non ! Très très content, ravi même, ça nous change un peu du "zdak-Zdak". Un public qui écoute c’est rare de nos jours.
T. Ould-Hamouda : Comment avez-vous trouvé le public montréalais ?
A. Oulahlou : Au début, j’ai eu un peu peur. Je ne savais pas comment il va réagir ? Quelles sont ses attentes ? mais enfin ! ils sont venus pour écouter "Oulahlou". C’était profondément Kabyle.
T. Ould-Hamouda : Vous préparez un nouveau CD, pouvez-vous nous en parler ?
A. Oulahlou : Toujours égal à moi-même, je mets beaucoup de coeur dans mes chansons, donc c’est 12 nouveaux titres avec 4 chansons en français, avec la même originalité à laquelle je tiens beaucoup.
T. Ould-Hamouda : Reviendrez-vous à Montréal Bientôt ?
Oulahlou : Ça devient de plus en plus sûr, Ça se concrétisera pour Tafsut Imazighène probablement. D’ailleurs je profite de l’occasion pour remercier les organisateurs à savoir "Azul de Kabylie" et "Agawa-Productions" qui ont été vraiment à la hauteur. Tanemirt.
Entrevue réalisée le 25 novembre 2007 à Montréal
Ce n’est point fortuit le choix de Chérif Mammeri d’inviter sur le plateau de son émission « Tamurt-nnegh » (Notre patrie) consacrée au village Ighil Ali le célèbre chanteur Oulahlou. Ce n’est non plus pas parce que le chanteur contestataire est son ancien camarade de classe au lycée, encore moins pour le fait qu’Oulahlou soit issu du patelin des Amrouche. L’auteur de « Azul a Lpari » et de la fameuse « Pouvoir assassin » a tout simplement rayonné durant cette émission et a laissé les téléspectateurs sur un goût d’inachevé.
C’est une grande première sur l’Unique, et c’est tout le mérite de Chérif Mammeri, que de passer ce chanteur libertaire, voir un peu libertin, qui était jusque-là persona non gratta de cette chaîne de télévision. Même si le fait de passer à l’ENTV n’a pas été du goût de certains qui manient à souhait l’art du mépris à l’égard de toute personne qui échappe à leur emprise. Oulahlou, fidèle à ses amours et ses amis autant qu’à ses révoltes, comme à son accoutumée, fait ce que bon lui semble sans se soucier outre mesure du qu’en-dira-t-on. « C’est un "Salupri" comme il n’y a pas ! », auraient sans doute soufflé des commères.
Qu’à cela ne tienne. Le temps qu’a passé Oulahlou sur le plateau de ce numéro de « tamurt-nnegh », il était là, au grand bonheur de ses nombreux fans, avec sa guitare folk noire, tel un rastafari, le look à la hippy des sexties, interprétant des chansons dans le vent et profondément ancrées dans la tradition musicale berbère. Ce diplômé universitaire en psychologie a sans conteste ajouté une touche de beauté originale à l’émission.
Soulignons que ce numéro de l’émission de Chérif Mammeri comprend deux parties. La première est diffusée le 30 du mois dernier. Oulahlou fait son entrée sur le plateau à la fin de cette première partie, juste après la sortie du journaliste écrivain M. Djaad qui devait rentrer sur Alger au moment du tournage. Dans une ambiance familiale et décontractée, répondant aux questions de l’animateur, Oulahlou dira entre autres : « Au fait, je ne cible personne quand je compose une chanson ; je chante plutôt ce qui me plait d’abord à moi. Je pense que si une chanson plait à son auteur, elle plairait forcément à d’autres comme lui». Et de poursuivre : « Ce ne sont pas les moyens, aussi colossaux soient-ils, qui font une chanson si celle-ci n’a pas une âme».
Ensuite, Oulahlou interprète l’une de ses emballantes chansons, à savoir« D Ahwawi» (Débonnaire) où il dit (et ce sont là des mots on ne peut plus révélateurs) :
D ahwawi nekkini akka Débonnaire, je suis comme ça
Vive tayri vive JSK Vive l’amour et vive
D Ahwawi hemmlegh ccna, Débonnaire j’aime la chanson,
Tilelli, tayri lehna. La liberté, l’amour et la paix.
Tamurt-iw d lehmala ; Mon pays est l’Amour ;
Taddart-iw isem-is tirga. Mon village a pour nom les rêves.
Sur ce, le présentateur prend les téléspectateurs au dépourvu et annonce la fin de la première partie de l’émission et leur donne rendez-vous pour vendredi prochain pour la deuxième partie ! Oulahlou nous réserve encore des surprises et interprètera d’autres belles chansons dont une, à
De retour de France où il a animé un spectacle, Oulahlou serait revenu avec un parapente dans l’intention de voler au-dessus des montagnes de Kabylie. Il se serait mis au sommet d’une falaise dans le but de se lancer dans le vide, dit-on, mais l’expérience n’a pas bien fonctionné ! L’événement -qui est une grande première chez nous- a bien entendu alimenté la chronique locale. Le bouche à oreille va jusqu’à prendre l’artiste pour un fou si bien d’inquiéter sérieusement sa maman !
Il faut dire que le rastafari de la chanson kabyle n’a de cesse d’être l’objet de rumeurs tant sympathiques de ses admirateurs que nuisibles de ses détracteurs. Ses « incartades » qui commencent par son look sont évidemment pour quelque chose.
Néanmoins, cette fois-ci, il n’y a pas de fumée sans feu, car Oulahlou a bel et bien l’ambition de lancer ce sport de montagne en créant un club. Il est d’ores et déjà au contact avec des associations en vue de réaliser ce rêve, d’autant plus que bien des endroits de
Oulahlou qui est psychologue de formation universitaire, ne songe pas uniquement à devenir parapentiste et de voler tel un oiseau, mais l’homme est un fou de vie et de liberté. « Il me faut peut-être vivre dix fois pour réaliser l’ensemble de mes rêves », dit-il.







