Mardi 26 Février 2008

C’est assurément un très bel hommage que celui rendu par le chanteur Oulahlou à la célèbre cantatrice Taos Amrouche à travers une chanson intitulée sobrement Marguerite. Une ballade folk servie par une belle mélodie du terroir avec un habillage musical très acoustique : des arpèges, une guitare pour l’accompagnement, une flûte, une basse et la voix chaude et grave d’Oulahlou.

Marguerite retrace l’itinéraire d’une jeune femme qui débarque de Paris à la recherche des traces de sa grand-mère, Taos Amrouche en l’occurrence, et qui ne trouve ni nom dans les livres ni tombe au cimetière si ce n’est un vague souvenir chez une vieille femme courbée sous le poids des ans.

Elle se termine par un vibrant hommage à Taos, à son frère Jean El Mouhouv Amrouche, l’auteur, entre autres, de l’Eternel Jugurtha et à Malek Ouary, l’écrivain qui a marqué la littérature algérienne avec son roman Le Grain dans la meule, tous trois originaires d’Ighil Ali. À travers cette jeune femme qui part à la recherche de ses racines, Oulahlou a trouvé un joli symbole de la quête identitaire tout comme il dénonce, au passage, l’oubli volontaire, l’effacement programmé de cette grande dame qui a beaucoup donné à la culture de son pays, en particulier celle de ses ancêtres dont elle a perpétué le chant millénaire. Allant jusqu’au bout de son effort pour rendre à Taos l’hommage qu’elle mérite, Oulahlou a offert cette chanson à l’association Jean et Taos Amrouche d’Ighil Ali pour la produire en CD single et cassette deux titres. Les bénéfices de la vente iront exclusivement à un fonds spécial créé pour la réalisation d’une stèle commémorative pour Jean et Taos en leur village natal. Au départ, le chanteur voulait associer plusieurs grandes voix de la chanson kabyle pour cet hommage mais faute de temps, car la chanson est programmée pour le centenaire de Jean qui aura lieu le 15, 16 et 17 du mois en cours, il a renoncé momentanément à ce projet. Toujours est-il qu’en achetant donc le CD ou la cassette (deux titres dont la version instrumentale), l’auditeur intéressé fera d’une pierre deux coups. D’une part, il aura à apprécier une très belle chanson qu’on ne se lasse pas d’écouter, de l’autre, il apportera sa pierre dans l’édification d’une stèle. Bravo l’artiste et merci.

Par Djamel Alilat, pour Kabyle.com

 

Mardi 26 Février 2008

Oulahlou, de son vrai nom Abderrahmane Lahlou, est né le 09 août 1963 à Takorabt, un petit village de Kabylie. Il fait ses premières études à l’école primaire du village puis au collège Jean Amrouche à Ighil-Ali. Après des études secondaires au lycée d’Akbou, il obtient son baccalauréat en 1982.

La période du lycée coïncide avec l’agitation politique et le bouillonnement culturel du printemps berbère qui le voit en tant que lycéen prendre part aux premières manifestations de rue qui marquent ces années de lutte intense.
C’est également à cette période qu’il fait ses premiers pas dans le monde de la chanson en reprenant les tubes engagés de l’époque sur la scène du lycée. Ses études supérieures, il les fait à l’université de Constantine où il prépare une licence en psychologie. En parallèle, il se consacre corps et âme à la musique. S’ouvrant sur d’autres horizons, il s’initie à tous les styles musicaux et découvre la langue et la culture chaouie dont il s’imprègne profondément. Une influence qui se traduira plus tard par quelques compositions dans le style typique et la langue des Aurès.
Après son obtention d’une licence en psychologie, il revient en Kabylie et s’investit dans le mouvement associatif au niveau de son village. Il anime, notamment, une chorale enfantine à laquelle il destine ses premières œuvres musicales.

Auteur-compositeur et musicien par vocation, Oulahlou est un artiste polyvalent qui joue bien de plusieurs instruments de musique. Il joue également bien de la plume dans un style tantôt mordant, tantôt satirique ou poétique, mais toujours hors des sentiers battus de la rime facile, des archétypes et des expressions éculées, dont usent et abusent les faiseurs de chansonnettes si nombreux aujourd’hui. Son envol artistique ne prend réellement effet qu’à la fin de l’année 1998, lorsque, sur insistance de quelques amis, il se décide enfin à produire son premier opus intitulé Ithvirène ‘’ Les pigeons ‘’. Encouragé par l’accueil enthousiaste d’un public qui s’élargit de plus en plus, il produit sur sa lancée une deuxième cassette de six titres en 1999. Le titre phare, afouss i Bouteflika, ‘’vive le président ‘’, rencontre un grand succès auprès d’un auditoire attentif qui apprécie de plus en plus cette ironie mordante qu’utilise Oulahlou pour s’aventurer sur des thèmes très souvent à la limite du tabou.

En 2000, il sort son troisième album intitulé Ouchen d weydhi, ‘’ le loup et le chien’’. Oul Lahlou maintient son cap de chanteur libertaire en revenant avec humour, sarcasme et tendresse sur le sujet qui lui tient le plus à cœur : la liberté.
Le verbe direct, corrosif, le cœur à fleur de peau, il chante la réalité populaire faite de quêtes vaines et d’amertume. Il porte par sa chanson toutes les frustrations des opprimées, les cris des sans-paroles, le toit des sans-logis, le salaire des sans-emploi et le regard des sans –espoir. C’est la voix des exclus et des opprimés qui refusent d’abdiquer.

En 2001, son quatrième album Pouvoir Assassin, qui survient quelques mois après l’éclatement des tragiques événements du printemps Noir de la Kabylie, fait l’effet d’une bombe. Pouvoir Assassin s’arrache littéralement chez les disquaires et le titre devient aussitôt l’hymne que toute la région reprend lors des manifestations publiques qui drainent des milliers de marcheurs.
Mais ce n’est pas pour autant que le succès lui soit monté à la tête. Il a su malgré une popularité qui monte crescendo, rester extrêmement modeste et accessible. Il est vrai que sa carrière qui reste à faire ne lui a donné jusqu’à présent pour capital qu’un nom. Pour le reste, il habite toujours une mansarde familiale aux murs délavés par le temps et sa vieille mère qui ploie sous le poids des ans désespère de le voir quitter ses habitudes de hippie pour une vie plus sage et plus rangée.

En 2002, il produit un cinquième album, Ulac Smah ulac (Pas de Pardon) pour rendre hommage aux nombreux jeunes martyrs kabyles tombés sous les balles des gendarmes. Il rend également hommage au passage au chanteur contestataire Ferhat, son père spirituel de toujours.

Désormais, d’autres horizons s’ouvrent à lui : il se produit en France sur la scène parisienne en animant un premier gala à la Cigale en septembre 2003. Ce fut un véritable triomphe.

2005, sortie de l’album ‘’Azul al Paris’’ (bonjour Paris) . Un album de 12 titres avec une inspiration très perceptible des chanteurs français à texte tels que Brassens, Renaud et Moustaki dont il adapte le métèque en Kabyle.

Début 2006, il sort un septième album, "Arraw N Tlelli" (les Enfants de la Liberté), dans lequel il rend un très bel hommage à la célèbre cantatrice Taos Amrouche à travers une chanson intitulée sobrement Marguerite. Une ballade folk servie par une belle mélodie du terroir avec un habillage musical très acoustique : des arpèges, une guitare pour l’accompagnement, une flûte, une basse et la voix chaude et grave d’Oulahlou.

Lors du printemps 2006, à l’occasion de la commémoration du Printemps Berbère, il se produira dans plusieurs villes françaises : Paris, Bobigny, Saint Etienne, Marseille avant de retourner dans sa Kabylie natale.  Source: kabyle.com 

Mardi 18 Décembre 2007

Invité par l' association amazighe Azul de Kabylie, accueilli aussi chaleureusement par l'association Tafsut et les très nombreux berbères venus de Boston aux Etat Unis, d'Ottawa, de Chicoutimi, Oulahlou a laissé un souvenir mémorable de son passage au Québec. Bien que son spectacle du 24 novembre n'ait pas bénéficié d'une promotion à la hauteur de l'événement, avec la mauvaise volonté manifeste de certaines associations, de plusieurs affiches arrachées, la qualité était au rendez-vous. Beaucoup découvraient pour la première fois le militant qui pourrait revenir sur les terres acadiennes en avril 2008. Madjid Benbelkacem présenta à l'ouverture du spectacle une biographie de l’artiste très instructive. Kabyle.com Québec, par Tassadit Ould Hamouda recueillit ce jour-là les impressions d'Oulahlou.

T. Ould-Hamouda : Azul Oulahlou, Bienvenue à Kabyle.com

Oulahlou : Tanemirt, Bienvenue chez Oulahlou (rires...)

T. Ould-Hamouda : Avez-vous aimé le spectacle d’hier ?

A. Oulahlou : Ça se voit, non ! Très très content, ravi même, ça nous change un peu du "zdak-Zdak". Un public qui écoute c’est rare de nos jours.

T. Ould-Hamouda : Comment avez-vous trouvé le public montréalais ?

A. Oulahlou : Au début, j’ai eu un peu peur. Je ne savais pas comment il va réagir ? Quelles sont ses attentes ? mais enfin ! ils sont venus pour écouter "Oulahlou". C’était profondément Kabyle.

T. Ould-Hamouda : Vous préparez un nouveau CD, pouvez-vous nous en parler ?

A. Oulahlou : Toujours égal à moi-même, je mets beaucoup de coeur dans mes chansons, donc c’est 12 nouveaux titres avec 4 chansons en français, avec la même originalité à laquelle je tiens beaucoup.

T. Ould-Hamouda : Reviendrez-vous à Montréal Bientôt ?

 Oulahlou : Ça devient de plus en plus sûr, Ça se concrétisera pour Tafsut Imazighène probablement. D’ailleurs je profite de l’occasion pour remercier les organisateurs à savoir "Azul de Kabylie" et "Agawa-Productions" qui ont été vraiment à la hauteur. Tanemirt.

Entrevue réalisée le 25 novembre 2007 à Montréal

Lundi 17 Décembre 2007
Ces derniers jours, le chanteur Oulahlou ne peut plus se départir de ses béquilles. Nombreux sont ceux qui se demandent ce qu’il a et chacun y va de sa version.
Oulahlou, c’est aussi un passionné du sport et tout particulièrement le football. C’est justement lors d’une rencontre footballistique entre amis, apparemment très serrée, que notre artiste s’est fait luxer le gros orteil. Aie ! Ca doit faire très mal, ça ! Ce qui semble faire plus de mal à notre artiste, c’est le fait que cette blessure l’empêche de se déplacer aisément, lui qui a horreur de demeurer sur place. Eh bien, Oulahlou, c’est peut-être l’occasion de ne rien faire d’autre que de te consacrer à nous écrire de nouvelles belles chansons ! Bonne saison estivale et prompte guérison !  
Dimanche 16 Décembre 2007

              Photo : 61629512.jpg 

Oul Lahlou, de son vrai nom Abderrahmane Lahlou, est né le 09 août 1963 à Takorabt, un petit village de la région de Kabylie à l’Est algérien. Il fait ses premières études à l’école primaire du village puis au collège Jean Amrouche à Ighil-Ali. Après des études secondaires au lycée d’Akbou, il obtient son baccalauréat en 1982.

La période du lycée coïncide avec l’agitation politique et le bouillonnement culturel du printemps berbère qui le voit en tant que lycéen prendre part aux premières manifestations de rue qui marquent ces années de lutte intense. 

C’est également à cette période qu’il fait ses premiers pas dans le monde de la chanson en reprenant les tubes engagés de l’époque sur la scène du lycée. Ses études supérieures, il les fait à l’université de Constantine où il prépare une licence en psychologie. En parallèle, il se consacre corps et âme à la musique. S’ouvrant sur d’autres horizons, il s’initie à tous les styles musicaux et découvre la langue et la culture chaouie dont il s’imprègne profondément. Une influence qui se traduira plus tard par quelques compositions dans le style typique et la langue des Aurès.

Après son obtention d’une licence en psychologie, il revient en Kabylie et s’investit dans le mouvement associatif au niveau de son village. Il anime, notamment, une chorale enfantine à laquelle il destine ses premières œuvres musicales.

Auteur-compositeur et musicien par vocation, Oul  Lahlou est un artiste polyvalent qui joue bien de plusieurs instruments de musique. Il joue également bien de la plume dans un style tantôt mordant, tantôt satirique ou poétique, mais toujours hors des sentiers battus de la rime facile, des archétypes et des expressions éculées, dont usent et abusent les faiseurs de chansonnettes si nombreux aujourd’hui.

Son envol artistique ne prend réellement effet qu’à la fin de l’année 1998, lorsque, sur insistance de quelques amis, il se décide enfin à produire son premier opus intitulé Ithvirène ‘’ Les pigeons ‘’. Encouragé par l’accueil enthousiaste d’un public qui s’élargit de plus en plus, il produit sur sa lancée une deuxième cassette de six titres en 1999. Le titre phare, afouss i Bouteflika, ‘’vive le président ‘’, rencontre un grand succès auprès d’un auditoire attentif qui apprécie de plus en plus cette ironie mordante qu’utilise Oul Lahlou pour s’aventurer sur des thèmes très souvent à la limite du tabou.

En 2000,il sort son troisième album intitulé Ouchen d weydhi, ‘’ le loup et le chien’’. Oul Lahlou maintient son cap de chanteur libertaire en revenant avec humour, sarcasme et tendresse sur le sujet qui lui tient le plus à cœur : la liberté.

Le verbe direct, corrosif, le cœur à fleur de peau, il chante la réalité populaire faite de quêtes vaines et d’amertume. Il porte par sa chanson toutes les frustrations des opprimées, les cris des sans-paroles, le toit des sans-logis, le salaire des sans-emploi et le regard des sans –espoir. C’est la voix des exclus et des opprimés qui refusent d’abdiquer.

En 2001, son quatrième album Pouvoir Assassin, qui survient quelques mois après l’éclatement des tragiques événements du printemps Noir de la Kabylie, fait l’effet d’une bombe. Pouvoir  Assassin s’arrache littéralement chez les disquaires et le titre devient aussitôt l’hymne que toute la région reprend lors des manifestations publiques qui drainent des milliers de marcheurs.

Mais ce n’est pas pour autant que le succès lui soit monté à la tête. Il a su malgré une popularité qui monte crescendo, rester extrêmement modeste et accessible. Il est vrai que sa carrière qui reste à faire ne lui a donné jusqu’à présent pour capital qu’un nom. Pour le reste, il habite toujours une mansarde familiale aux murs délavés par le temps et sa vieille mère qui ploie sous le poids des ans désespère de le voir quitter ses habitudes de hippie pour une vie plus sage et plus rangée.

En 2002, il produit un cinquième album, Ulac Smah ulac pour rendre hommage aux nombreux jeunes martyrs kabyles tombés sous les balles des gendarmes. Il rend également hommage au passage au chanteur contestataire Ferhat, son père spirituel de toujours.

Désormais, d’autres horizons s’ouvrent à lui : le label LYNDARIS Production représentée par Amel ZITOUNI prend contact avec lui et il se produit en France sur la scène parisienne en animant un premier gala à la Cigale en septembre 2003. Suite à son triomphe, un contrat  pour plusieurs albums est conclu et l’enregistrement du premier album démarre en juillet 2004.

2005, sortie de l’album ‘’Azul al Paris’’ (bonjour Paris) . Un album de 12 titres avec une inspiration très perceptible des chanteurs français à texte tels que Brassens, Renaud et Moustaki dont il adapte le métèque en Kabyle.  

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